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Avanne : un parapentiste sauvé de la noyade par une famille entière

Rédigé le 04/11/2017


La famille Henry a repêché un parapentiste inconscient, dont la tête était déjà immergée dans le Doubs, ce mercredi à coté de Besançon. L’homme a finalement survécu. Avec modestie, Patrick et Françoise racontent cet incroyable sauvetage.

 



« N’importe qui aurait fait la même chose », estime Patrick Henry en haussant les épaules. Quand bien même… N’importe qui n’aurait pas réussi.

Le parapentiste piégé par les eaux du Doubs, mercredi après-midi à Avanne-Aveney, doit sa vie au sauvetage éclair et collectif de toute la famille Henry. Arrivés dans un second temps pour transporter la victime à l’hôpital, les pompiers en conviennent volontiers : ce père de famille âgé d’une cinquantaine d’années est un miraculé.

L’épouse de Patrick, Françoise, plante le décor : « On était en train de tous manger. On en était au dessert, quand on a vu passer le parapente à l’horizontale par la fenêtre. Là, on a tous couru dehors avant même qu’il touche l’eau ! »



« Quand je suis arrivé à sa hauteur, il ne bougeait plus »

En chaussettes, son mari se saisit de son kayak et d’une pagaie, puis trouve un accès à travers ronces jusqu’au Doubs : « Quand je suis arrivé à sa hauteur, il avait la tête sous l’eau et ne bougeait plus. Je l’ai relevé en tirant l’arrière de son casque. J’avais peur de lui faire mal au cou, mais il n’y avait pas le choix. Je le tenais avec une main et j’avais la pagaie dans l’autre, mais avec tout son matériel qui le tirait vers le bas, il était lourd. Je me suis rapproché du bord et me suis mis à l’eau quand j’ai vu que j’avais pied ».

C’est là, immergé jusqu’au torse, que Patrick est rejoint par deux de ses filles et un gendre. « Charlotte avait pensé à prendre un sécateur pour couper des filins et une sangle. Ça nous a permis de le hisser sur une planche à voile qu’avait amenée Marion », complète-t-il.

Réchauffé sous une couverture apportée par Françoise, le parapentiste finit par entrouvrir les yeux et bredouiller quelques mots confus. « On lui parlait sans cesse pour le stimuler, on lui demandait son âge, son nom, mais il ne répondait pas trop. »

Toute l’action filmée par la GoPro fixée à son casque

Sur son casque, une Go Pro. Et oui. La caméra a tout filmé : « Un ami à lui a eu la gentillesse de nous rappeler le soir pour nous donner des nouvelles rassurantes. Il avait visionné la vidéo. On voit qu’il essaie de nager environ 1 minute et ensuite, plus rien ne bouge pendant 1 minute 15 secondes » Jusqu’à ce que Patrick déboule avec son kayak pour le sauver.

« Heureusement qu’on était tous là car il fallait aller très vite. Tout s’est bien goupillé, chacun a eu son rôle. Je vous avoue que la nuit qui a suivi, on n’a pas trop dormi. Je me suis repassée l’action en boucle », sourit Françoise, adepte, avec son mari, des sauvetages de parapentistes en détresse ! « L’aire d’atterrissage est à côté de chez nous. Il y a quelques années, on avait décroché une femme d’un pommier et un homme qui était déjà à moitié dans l’eau », se souvient-elle.

À ses côtés, Patrick acquiesce. Et conclut modestement : « On a fait ce qu’on devait faire, c’est tout. Tout ce qui compte, c’est qu’il s’en soit tiré. C’est l’essentiel ».