Essai de la GIN Leopard par Dominique Moreau (EN D)

Essai de la GIN Leopard par Dominique Moreau (EN D)

Rédigé le 07/18/2019
Rene HASLE

Manu Denecker de l’école « Changer d’Air Parapente » a proposé à Dominique Moreau, lors d’une séance de treuil, d’essayer la toute nouvelle voile EN D Gin Léopard, une 2 lignes composée de 86 cellules.

Dominique, habitant à Angers (en Maine et Loire), vole depuis 10 ans maintenant et sous des EN D depuis 7 ans. Ses vols de distance se font principalement depuis le site de Chaudefonds mais il pratique aussi régulièrement le décollage au treuil pour les vols acro ou bi. Il a déjà eu l’occasion d’essayer une bonne dizaine de voiles EN D prêtées par des potes (Omega, Peak, Gto, Poison, Mantra, XC3, Zeno….), ce qui lui permet d’avoir un jugement pour comparer.

La GIN Leopard a copié son ADN de l’Explorer (EN B) et de la Bonanza 2 (EN C). Et avec l’expérience de plus de 8 ans de développement acquise avec la voile de compétition Boomerang, le fabricant coréen avoue avoir conçu une aile avec des caractéristiques nettement améliorées en termes de stabilité, manipulation, sensation et performance dans le thermique. Découvrons les premières impressions de Dominique sur cette voile qu’il qualifie d’EN D+. Premières impressions car il n’a volé qu’une heure avec…

* site de Blaison Gauhier du club Envol Anjou (49).

Matériel utilisé lors de l’essai : Sellette Impress3 de chez Advance taille M / Léopard taille S PTV : 85/102 kg / PTV pour le vol : entre 95 et 100kg

Essai de la GIN Leopard par Dominique

Gonflage

Je n’ai pas vraiment passé mon temps à gonfler avec la voile GIN Leopard, mais de toute façon, comme toutes les voiles allongées, les bouts d’ailes dandinent un peu tant qu’elle n’est pas chargée ! J’avoue ne pas avoir super bien préparé la voile pour mon décollage au treuil, mais, malgré un gonflage qui semblait bien mal barré à première vue, la GIN Leopard s’est montrée très maniable dans la phase de montée et j’ai pu la corriger assez facilement.

Décollage

Comme c’est un décollage au treuil, il n’y a pas grand chose à dire si ce n’est que, depuis quelques années, je pilote cette phase de treuillé aux arrières et forcément, comme avec ma NIVIUK Peak, c’est encore plus simple avec une deux lignes !

En vol

J’avais un petit objectif perso sympa pour cet essai de la GIN Leopard, qui était réalisable en 45 min, mais comme j’ai fait traîner les choses, je suis resté une bonne heure sous la voile…

Le premier thermique était tout gentil : du 0,5 m/s qui a fini en 1,5 ms que j’ai lâché à 1200m ! Idéal pour une prise en main et se rendre compte du plané et de la maniabilité de la GIN Léopard. Après ce premier thermique, j’avais vraiment une impression d’unevoile facile et gentille, mais j’attendais avec impatience que les conditions s’installent pour voir son changement de comportement…

Ayant pris du gaz, je joue un peu avec l’accélérateur histoire de… Et là, ça surprend ! J’avais l’habitude de « bourriner » un peu avec ma NIVIUK Peak, mais, sur la GIN Léopard, il faut y aller un peu plus mollo ! Si on y va fort, on a vraiment une impression de plongée vers l’avant, la voile accélère très vite ! C’est la même chose au deuxième barreau, donc, une fois qu’on le sait, on y a va plus tranquille et c’est tout bon.

La puissance des thermiques suivants allaient crescendo (jusqu’à 4 m/s ce jour-là). On voit toute de suite que la voile est vive dans une masse d’air active, elle communique beaucoup mais, après quelques tours dans le thermique, on arrive vite à la « comprendre ». Elle a vraiment un super virage, l’enroulé-serré est un régal.

> Voir en bas de l’article pour plus d’infos sur le comportement et le pilotage de la GIN Léopard

Atterrissage

Au bout de ma petite balade, je me suis posé dans une zone un peu turbulente où il fallait enrouler les dégueulantes pour descendre, vu les pétards qui me faisaient remonter de 30 m dès que j’en avais perdu 10 !

J’en ai profité pour tester gentiment les oreilles car c’est jamais trop gagné avec les voiles allongées et, à ma grande surprise, c’est passé nickel ! Après un laps de temps pour se caler, la voile s’est super bien stabilisée malgré le fait que je continuais à monter en croisant des petites bullettes ! Même pour la sortie, on pompe un ou deux coups sur les freins et ça s’ouvre quasiment sans frotter !

Je ne vole pas souvent en bord de mer, mais je sais que ça doit être cool pour les reposes déco car je sais que c’est parfois compliqué avec les voiles perf. qui ne veulent pas descendre.

Conclusion de l’essai de la GIN Leopard

La GIN Léopard est sans doute une des meilleures voiles actuelle de sa catégorie EN D+.

On se sent rapidement bien dessous : un super virage, une sensation de vitesse accélérée impressionnante et une voile qui communique beaucoup. Comme toutes ces voiles allongées très performantes, elles s’adressent aux pilotes d’expériences qui volent souvent car, lorsque ça ferme, il n’y a plus trop de sécurité passive…

Dominique Moreau

> Voir en bas de l’article pour plus d’infos sur le comportement et le pilotage de la GIN Léopard

Questions sur le comportement et le pilotage de la GIN Leopard

– Le fabricant précise que la GIN Leopard « offre une plus grande stabilité en tangage sur toute la plage de vitesses. En combinaison avec une excellente stabilité des extrémités de l’aile, il en résulte un investissement du pilote considérablement réduit en vol normal« .

Je n’ai pas une grande expérience des voiles EN D haut de gamme car je vole plus sur des voiles d’entrée de gamme EN D. Qu’est ce qu’un vol « normal » en D pour eux, au vu de ce que les pilotes qui achètent ce genre de voiles en attendent. Je ne pense pas qu’on achète une Léopard pour faire le vol du matin ! Comme sur toutes les voiles allongées, les bouts d’ailes sont vivants, donc ça bouge mais j’avoue ne jamais avoir été en stress sur ce vol. Elle n’a jamais été « méchante » dans ses réactions et, du coup, je ne me suis pas surpris à trop sur-piloter suite à des réactions de la voile… Par contre, la stabilité en tangage se ressent lorsqu’on engage un virage !

– GIN ajoute qu’elle « donne immédiatement l’impression d’être une aile complète qui vous connecte mieux aux éléments. Le virage est précis et bien coordonné, l’aile accélère vers les thermiques et la stabilité en tangage est de première classe ». Elle donne « un retour d’informations lisses mais très intelligible« . Il lui est facile de guider « le pilote vers les lignes thermiques grâce au ressenti des différences de pression aux lignes B. L’aile vole aussi bien si vous la laissez voler, elle a tendance à se diriger automatiquement vers la portance. Une fois dans une ascendance, elle communique pour vous aider à rester centré dans le noyau ».

J’ai en effet trouvé qu’il était assez facile de ressentir rapidement le centre du thermique et qu’on arrivait très facilement à serrer son virage sans pour autant avoir le bout d’aile extérieure qui shoote. L’aile tourne vraiment bien à plat et est facile à temporiser.

– Elle offrirait « une stabilité accrue sur toute la plage de vitesses permettant d’améliorer les performances, la souplesse, la réactivité et la vitesse maximale ».

Pour en avoir discuté avec un autre pilote du club volant en Zeno qui a eu l’occasion de la tester 15 minutes le même jour, nous avons trouvé qu’elle communique plus que la Zeno ! Mais c’est toujours la même chose, ce n’est pas en un vol d’une heure qu’on va connaître la voile ! On laisse rarement vivre une nouvelle voile tout de suite, il faut un peu de temps et d’expériences pour découvrir ses limites…

Je n’ai pas eu l’occasion de faire de grosses transitions accélérées, mais j’ai pu tester le premier et deuxième barreau quand même. Comme je le dis dans le récit, l’accélération est très rapide si on y va d’un coup ! On a vraiment l’impression que la voile plonge en avant et ça fait la même chose quand on passe du 1er au 2ème barreau.

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