Zut, je monte alors que je ne voulais que m’exercer au gonflage !

Zut, je monte alors que je ne voulais que m’exercer au gonflage !

Rédigé le 12/05/2019
Rene HASLE
Un parapentiste, probablement débutant, non équipé pour le vol, s’exerçant au gonflage, décolle malgré lui. Découvrez les conseils de Laurent Van Hille.

L'importance d'être patient dans sa progression

Laurent Van Hille, responsable de l’école Les Choucas (Savoie) a publié récemment une vidéo avec des commentaires que j’ai trouvé judicieux de relayer sur le site. On y découvre un parapentiste, probablement débutant, non équipé pour le vol, s’exerçant au gonflage sur l’aire de décollage.

Laurent, premier contributeur éditorial ROCK THE OUTDOOR, avait levé le pied ces dernières années pour se consacrer sur un vaste projet, celui de « Parapente 360″, un portail pédagogique dans lequel on trouve le premier manuel de vol libre en ligne gratuit, qui a comme particularité de suivre le programme de progression FFVL.

Activité parapentesque réduite pendant l’hiver, Laurent, un hyperactif toujours à fond dans la pédagogie, ne peut pas faire autrement que de poursuivre sa mission, même calé dans un fauteuil du salon. En quête de vidéos pour illustrer ses conseils, il est tombé sur celle-ci.

Découvrez ses conseils qui s’adressent surtout aux parapentistes en progression. Pendant cette phase, nous maîtrisons encore si peu de paramètres et nous n’avons pas toujours conscience des dangers potentiels…

Laurent Van Hille

Analyse et conseils de Laurent Van Hille

Sur cette vidéo qui date de 2008, on y voit des erreurs évidentes typiques d’un manque général d’expériences :

– analyse aérologique succinte

– appuis sur les freins

– sur-pilotage.

Voici une petite analyse qui, je l’espère, vous fera comprendre l’importance d’être patient dans sa progression.

1- Pas de casque

Non, je ne juge pas. Mais si on ne met pas de casque, c’est qu’on ne pense pas voler. Donc, il pense à priori rester au sol. A savoir que le casque a surtout un rôle de protection lorsqu’on évolue au sol (mauvaise chute, se faire tirer par sa voile…).

2- Il décolle justement

Il décolle malgré lui. C’est donc qu’à priori il n’a pas fait une analyse très poussée de l’aérologie sur place.

Idéalement, il faut observer les cycles forts et calmes, avoir une idée de la force et de la fréquence des rafales. En arrivant sur le lieu du décollage, prenez le temps (15 minutes) pour observer, analyser le vent !

3- Pas encore de réflexes aériens

On le voit, ce pilote a gardé ses « repères terriens » : quand on se sent en danger, on a envie de ralentir et de s’appuyer sur quelque chose.

Ici, il s’appuie sur ses commandes jusqu’à la parachutale (ou presque). C’est typique d’un pilote peu expérimenté qui se fait surprendre.

Vitesse = sécurité ! On ne parle pas d’accélérateur bien sûr mais de ne pas baisser les mains. Laissez voler votre aile !

4- L’aile continue à monter

D’un coup, il se dit qu’il faut prendre une décision ! L’homme est comme ça, il n’aime pas aller vers son destin sans contrôle. Du coup, il tourne à gauche (pour lui). Mais comme il est déjà à la limite de la parachutale, l’aile se met en vrille à plat.

Là encore c’est un manque d’expérience. Il aurait suffi de relever la main droite. Mais lui a préféré baisser la gauche…

On ne voit pas la fin et c’est peut-être mieux. Mais j’espère qu’il est resté en vrille à plat jusqu’en bas. En vrille à plat, l’aile decend relativement lentement. Mais si le pilote relève les mains, l’aile shoote et le pilote peut tomber lourdement au sol.

Conclusion

Quand on a décidé de s’exercer au gonflage, on choisit un endroit ne présentant aucun risque (sur une pente école ou sur l’aire d’atterrisage). Si on pratique le gonflage sur l’aire de décollage, il faut être conscient du risque de décoller. On doit être préparé mentalement pour voler et être équipé (casque, gants…).

A vos commentaires …

Laurent Van Hille pour Parapente 360

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