Après le décollage, il recule et s’accroche à une ligne à haute tension

Après le décollage, il recule et s’accroche à une ligne à haute tension

Rédigé le 11/20/2019
Rene HASLE

Un cumul d'erreurs flagrantes qui mène à l'accident

Parcourant le fil d’actualités Facebook, je suis tombé sur cette vidéo sans doute ancienne. Plutôt que laisser cette vidéo tournée en pâture au sein de la communauté sans en dégager un enseignement, je l’ai soumise à Jérôme Canaud. Sans trop y croire sur l’intérêt pédagogique qu’on peut y dégager car j’ai pensé que la mauvaise qualité d’image ne lui permettrait pas d’identifier des indices précieux. Et bien, je me suis trompé : notre investigateur a récolté suffisamment d’éléments pour comprendre pourquoi ce pilote en est arrivé là !

Nous avons déjà publié 2 analyses d’incidents avec pour objet la collision avec une ligne haute tension. A chaque fois, les causes principales identifiées sont celles d’un pilote trop sûr de lui et avec un sérieux manque d’analyse au préalable… Quand le lieu sur lequel on décide de voler présente des risques, on doit s’efforcer de tout remettre en cause, d’où l’intérêt de mettre en place une stratégie de gestion des risques (SIGR).

horizontal break

Analyse et conseils de Jérome Canaud

C’est grave la manière dont ce gars se met en l’air. On a l’impression qu’il n’y a aucune analyse ni bon placement par rapport au vent, par rapport aux obstacles ! Au vu de la réaction des personnes sur place, je pense que ce sont des stages accompagnés par des chauffeurs locaux , sans instructeurs, sans encadrement.

Au niveau tecnhnique de gonflage, c’est pas folichon. Il décolle avec un problème sur le côté droit de l’aile (clef ?). L’idéal aurait été de s’en apercevoir au gonflage. Le gonflage face voile sert à ça d’ailleurs afin de pouvoir stopper avant que l’aile soit en haut.

Une fois en l’air, le gars est un peu coincé car, pour voler droit, il doit appliquer un gros volet de frein, donc il finit par monter et reculer !

Que faire ?

Plutôt de l’anticipation

Analyse, observation, placement en fonction du vent et de l’obstacle, démêlage, gonflage/controle visuel, aide extérieure (vu la proximité de la ligne à haute tension, au cas où), se concentrer sur ce que l’on va faire, améliorer sa technique de gonflage dans le vent.

Peut-être faire les oreilles très tôt afin de de pas monter : les oreilles permettent de ne pas freiner et peut être annuler la conséquence de la clé. ENCORE FAUT IL PERCUTER sur le fait de les faire tout de suite.

Peut-être essayer de garder son cap plus à la sellette pour éviter un gros volet de frein et pouvoir s’échapper par devant avec aussi la possibilité d’utiliser l’accélérateur…

Tout ça, c’est avec l’expérience qu’on peut se permettre de le faire. Là, j’ai le sentiment qu’il y a beaucoup d’habitudes dans la manière de faire, peu d’analyse, TROP SUR DE SOI, on ne se pose aucune question. On est typiquement dans la SIGR pas respectée ou inexistante, c’est à dire qu’on va à l’accident par cumul de conneries de base !

Jérôme Canaud – Ecole Courants d’R – Instructeur et pédagogue de la plateforme WINGMASTER

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