Voler sous la pluie en parapente : attention danger !

Voler sous la pluie en parapente : attention danger !

Rédigé le 11/30/2019
Rene HASLE
Expérience de vol sous la pluie en parapente : à l’approche d’une perturbation, ils ont préféré descendre en volant plutôt que descendre à pied

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Patrick Holmes a publié dernièrement sur son site UKAIRSPORTS un article à propos des dangers que présentent le fait de voler sous la pluie. Cet article fait suite à une expérience vécue avec d’autres pilotes qui, à l’approche d’une perturbation, ont préféré descendre en volant plutôt que descendre à pied. Pour un des leurs, les choses auraient pû finir plus mal.

Comme son article est riche d’enseignement, Patrick accepté que je relaie son message dont j’ai fait la traduction…

Vous savez que Voler sous la pluie n’est pas à faire. Vous avez peut-être entendu ou lu des choses à ce sujet et vous ne connaissez pas vraiment quelles sont les conséquences…

Expérience

J’ai pensé attirer votre attention, et cela, après un épisode récent dans lequel certaines personnes parmi nous avaient décidé de descendre de Blencathra sous une petite pluie plutôt que de remballer et de descendre en marchant.

Nous avons tous décollé, volé et fait notre approche sur terrain d’atterrissage sans incident. Alors que je m’alignais pour atterrir sur le terrain, j’ai remarqué que Richard, le parapentiste devant moi, descendait rapidement par rapport aux autres parapentes devant lui. Je pensais qu’il avait rencontré un vent contraire. Cependant, en maintenant ma vitesse, je l’ai survolé et je n’ai rencontré aucun vent et ai atterri dans le coin le plus éloigné.

Après coup, nous avons su que son parapente est entré en parachutale lors d’une abattée en sortie de spirale. Richard a réagi vite en utilisant l’accélérateur, ce qui a plus ou moins récupéré le parapente, mais vu qu’il se dirigeait vers le mur à l’avant du terrain, il a dû le lâcher. Le parapente est rentré encore en abattée quand il a lâché l’accélérateur et est de nouveau rentré en parachutale, le taux de chute atteignant plus de 6 m/s. Il a atterri maladroitement mais en toute sécurité.

Alors, que s’est-il passé, pourquoi et comment l’éviter à nouveau ?

Les parapentes ne sont ni conçus pour être pilotés mouillés, ni testés lorsqu’ils sont mouillés. La façon dont un parapente réagira par temps humide n’est pas connue avec précision et est imprévisible. Les raisons de ces changements de comportements n’ont jamais été explorées de manière approfondie.

De grandes différences de comportement se produisent en fonction de nombreuses variables : type de parapente, âge, matériau, état, conditions météorologiques, quantité d’eau, etc. Certains parapentes ne sont guère affectés comme le rapportent les pilotes ayant volé sous la pluie lors de vols XC, tandis que d’autres indiquent que même une humidité minimale est suffisante pour causer des problèmes. TOUT parapente de n’importe quelle catégorie peut être affecté.

Nous savons tous que voler avec un parapente mouillé est potentiellement dangereux et qu’il faut éviter de le faire. Mais parfois, cela peut arriver comme après avoir étendu sa voile sur de l’herbe humide ou de la neige fondante. Votre parapente peut également être mouillé pendant le vol par la pluie, la bruine, la brume ou la condensation se formant sur le parapente lorsque vous volez près des nuages.

horizontal break

Que se produit-il ?

Un parapente mouillé est plus lourd, ce qui affecte sa maniabilité, augmente la charge de l’aile et la vitesse de décrochage. Le centre de gravité recule également, ce qui entraîne un changement d’angle d’attaque et augmente la probabilité d’un décrochage parachutal. Les vieux tissus, plus poreux sont de plus en plus enclins à cela car ils absorbent plus d’eau.

Quand aux parapentes récents, les gouttelettes d’eau arrivent à perler sur l’extrados. Mais cela se traduit par plus d’air turbulent dans la couche limite et une séparation précoce du flux d’air augmentant les chances d’un décrochage parachutal précoce.

Une combinaison de ces deux phénomènes se produit probablement : le parapente devient plus lourd et le flux d’air est perturbé.

Voici une vidéo d’un parapente qui entre en parachutale après une sortie de grandes oreilles avec une aile mouillée (les grandes oreilles causent un angle d’attaque accru exacerbé par le fait que le pilote actionne les freins pour sortir).

Que faire ?

La meilleure chose à faire est de voler droit et vite pour atterrir. Volez bras hauts en faisant des virages en douceur si nécessaire. L’accélérateur peut vous aider.

La pire chose à faire serait de freiner le parapente mouillé en utilisant les freins ou en faisant de grandes oreilles car cela augmente l’angle d’attaque et vous rapproche du point de décrochage.

Il existe de nombreux rapports d’incidents enregistrés et quelques bons articles ainsi que d’autres sources d’informations déjà en ligne. Ceux-ci contiennent plus d’informations sur les effets sur le vol et de bonnes instructions sur la marche à suivre en cas de décrochage parachutal.

Plutôt que de répéter toutes ces informations ici, voici deux articles que vous pouvez consulter (encadrés).

Traduction du texte de Patrick Holmes – UKAIRSPORTS – Keswick / Cumbria / Royaume Uni

Pourquoi ne doit-on pas voler sous la pluie ? (Cross Country)

«Ne volons pas sous la pluie», nous l’avons appris dès le premier jour. Et avec les grands progrès dans la conception des ailes de parapente et de paramoteur, ce conseil est plus pertinent que jamais. Ed Ewing découvre pourquoi les choses peuvent vraiment devenir glissantes lorsqu’elles sont mouillées

Avec les progrès des matériaux et du design, voler avec une voile mouillée n’est plus ce qu’il était : «Il y a des années, si nous étions pris sous la pluie, nous ne parlions que de matériel humide», déclare Kelly Farina, guide de parapente et auteur de Mastering Paragliding. «Nous avions l’habitude de penser que le principal danger résidait dans le remplissage du bord de fuite avec de l’eau, induisant un décrochage complet irrécupérable.»

Lire l’article (en anglais)

Accident suite à un décrochage parachutal en volant sous une averse

En 2006, un parapentiste suisse a été victime d’un grave accident alors qu’il volait au départ d’Ebenalp en Suisse. Un pilote expérimenté qui a été surpris par l’évolution de la météo et qui a traversé une averse de pluie. Son parapente (classe DHV 1-2) est entré dans un décrochage parachutal que le pilote n’a pas été en mesure de récupérer en utilisant les méthodes standard (tirer les élévateurs A ou accélérer avec la barre de vitesse).

Lire l’article (en anglais)

ROCK THE OUTDOOR, la culture parapente